Découvrez les résultats de l’observatoire des MJC de France

Réalités et enjeux d’un réseau d’éducation populaire

Le second Observatoire des Maisons des Jeunes et de la Culture dresse le portrait d’un réseau dynamique, dont les actions très diversifiées tissent, ensemble, le lien social. Fort de 3,5 millions de bénéficiaires chaque année, d’une progression du nombre de personnes adhérentes par MJC et de 443 millions d’euros de poids économique, le réseau alerte toutefois sur les fragilités financières et politiques qui menacent son action.

Contraintes budgétaires : l’accueil inconditionnel mis à mal

38 % des MJC sont en déficit ce qui est une nette amélioration par rapport aux 53 % constatés en 2022.

Mais cette progression masque une réalité préoccupante : les ressources propres ont augmenté de 30 %, résultant d’une hausse des tarifs des activités et de la billetterie (pour 66% des MJC), d’une réduction d’activités, d’un gel des embauches, de licenciements et de l’augmentation du nombre de personnes adhérentes.

En effet, les subventions n’ont progressé en moyenne que de 8 %, ne couvrant pas l’augmentation des charges (+10 %) sur la même période.

Cette gestion de crise pèse d’abord sur les plus précaires et appelle à une meilleure prise en compte des conjonctures dans l’attribution des subventions, incluant une hausse plus conséquente des financements publics pour préserver le principe fondateur des MJC : l’accueil inconditionnel.

L’exemple de la MJC Grieu à Rouen (76) : l’association a résorbé son déficit.

Mais pour y parvenir, la MJC a dû :

  • supprimer les activités VTT et judo,
  • augmenter les tarifs du centre de loisirs (saison 2025-2026) : de 10 à 20 % selon les tranches,
  • augmenter les tarifs des activités (saison 2025-2026) : de 5 à 10 % pour les enfants et de 11 à 27 % pour les adultes,
  • augmenter les tarifs des activités et du centre de loisirs : + 2 % sur la saison 2026-2027.

2027, une échéance déterminante

Les MJC sont avant tout implantées dans les petites villes, plus que dans les grandes métropoles.

Un ancrage qui en fait des actrices clés de la qualité de vie dans des territoires où l’offre de services se raréfie.

Cet ancrage local se traduit aussi dans le financement du réseau : 48,4 % des subventions proviennent des communes, et 13,8 % des communautés de communes.

Une dépendance qui expose directement les projets des MJC aux fragilités des finances municipales.

Nous portons un enjeu démocratique qui se voit directement menacé. Nous nous inquiétons de notre capacité à mener nos projets d’éducation populaire en toute liberté pédagogique, dans un partenariat sincère avec les collectivités. Des événements récents, notamment dans des communes ayant changé de bord politique, nous rappellent combien cet équilibre est fragile. Les votes des budgets municipaux 2027 seront déterminants pour l’avenir de notre réseau. C’est un choix de société : faut-il faire en sorte que les personnes qui fréquentent les activités soient sélectionnées pour des raisons financières ou que chacun et chacune puisse y avoir accès ?

Jean-Yves Macé, président de MJC de France